Un nouveau centre mère-enfant et urgence à Sherbrooke propose une expérience hospitalière renouvelée
Jodoin Lamarre Pratte + Yelle Maillé + Équipe A architectes en consortium
Montréal, Canada, 26 mars 2026
Dossier de presse v2com no. 2275-09
Le centre mère-enfant et urgence (Pavillon Enfant Soleil) de l’Hôpital Fleurimont à Sherbrooke s’inscrit dans les réflexions sur l’évolution des milieux de soins et sur le rôle de l’architecture comme outil de dialogue entre exigences cliniques et expérience humaine. Attendu avec impatience dans la région de l’Estrie, cet agrandissement majeur de 34 500 m² consolide les fonctions de l’urgence, de la maternité, de la néonatologie, de la pédiatrie et de la pédopsychiatrie — tant pour les services ambulatoires que pour l’hospitalisation —, dans de nouvelles installations modernes et lumineuses. Dans une démarche de collaboration soutenue, cliniciens, professionnels, gestionnaires, artistes et patients partenaires ont contribué à définir des lieux sensibles, durables et efficients.

Composer avec la complexité d’un programme clinique dense
En plus de regrouper sous un même toit cinq unités exigeantes sur le plan technique, le projet comprend la création d’une nouvelle entrée principale pour l’hôpital, des aires de repos pour le personnel, des espaces réservés à l’enseignement et à la recherche, de l’hébergement pour les familles, des locaux techniques, logistiques et de soutien, un stationnement intérieur et un bâtiment séparé abritant des génératrices — essentiel au maintien des besoins énergétiques accrus du site hospitalier en cas de panne. Un accès réservé aux ambulances positionné à l’arrière du bâtiment permet de ségréger les circulations pour une meilleure efficience des déplacements.
Des liaisons fonctionnelles et directes à tous les étages assurent la continuité des parcours de soins avec l’hôpital existant. Les unités ont été positionnées et superposées selon la nature des soins pour une plus grande efficacité, mais aussi pour séparer les secteurs d’hospitalisation des secteurs critiques. Les patients en convalescence bénéficient ainsi d’un environnement davantage propice au calme et à la guérison. Les chambres, en grande majorité individuelles, sont spacieuses, soutenant adéquatement le travail clinique tout en préservant l’intimité et le bien-être des patients et de leurs proches.


La conception d’un environnement guérissant
De la création du nouveau hall d’accueil de l’hôpital à la planification d’unités cliniques adaptées à des clientèles distinctes, en passant par une organisation spatiale raffinée, l’intégration de l’art, de la couleur et du bois, et la conception d’espaces publics inspirés de la nature, chaque décision a été réfléchie pour assurer l’aménagement d’un environnement fonctionnel, lumineux, bienveillant et accueillant. Une attention particulière a été portée au confort, à la dignité et au sentiment de sécurité, en aménageant à la fois des lieux chaleureux et apaisants pour les parents et leurs bébés, et ludiques et rassurants pour les enfants. Des espaces conviviaux pour les familles, des parcours clairs et une cour intérieure accessible à tous participent à la qualité de vie et soutiennent les visées thérapeutiques. La nouvelle unité de soins pédopsychiatriques est pleinement intégrée tout en disposant d’une entrée distincte et d’une cour thérapeutique, ce qui contribue à réduire la stigmatisation associée à la psychiatrie et à améliorer l’expérience des jeunes patients.
Le personnel bénéficie d’aménagements ergonomiques et efficients, d’aires de repos réservées et d’un grand rangement fermé pour les vélos, lequel est connecté au réseau cyclable de la ville. Les grandes baies vitrées au bout des corridors des secteurs d’hospitalisation, de maternité et de néonatalogie offrent une abondance de lumière naturelle et des vues sur le paysage naturel environnant, favorisant la réduction du stress et de la fatigue du personnel tout en facilitant l’orientation des usagers.



L’architecture comme outil de dialogue entre exigences cliniques et expérience humaine
En réponse à la densité programmatique et à la complexité logistique et fonctionnelle, la volumétrie du bâtiment a été développée comme un assemblage de blocs, permettant une lecture claire des composantes au sein d’un ensemble cohérent et d’une structure unifiée. L’agrandissement s’intègre harmonieusement au site, en continuité avec l’hôpital existant. Respectueux du cadre bâti tout en affirmant une écriture contemporaine qui perdurera dans le temps, le vocabulaire architectural du pavillon évoque la matérialité des constructions environnantes — notamment par l’usage de la brique —, tout en reflétant le paysage naturel grâce à ses surfaces miroitantes.
Le nouveau hall d’entrée principal offre de vastes percées visuelles jusqu’aux quatrième et cinquième niveaux. Un ruban en bois, comme une écorce protectrice, s’élève à travers les étages et introduit une matière chaleureuse dans l’environnement hospitalier. Ce geste architectural établit un dialogue entre nature et soin, opacité et transparence. À chaque étage, les espaces publics positionnés à proximité des vastes ouvertures permettent d’observer l’activité des autres niveaux, démocratisent l’expérience architecturale et atténuent la sensation de cloisonnement associée aux milieux hospitaliers. Dans l’aire d’attente et de repos de l’étage de la pédiatrie, un long banc sculptural en bois invite à la pause et à la contemplation en offrant différents types d’assises et un point de vue unique sur l’œuvre d’art sculpturale suspendue de l’artiste Marc Dulude.



Un parcours de soins enrichi par l’art
Dans le cadre de la Politique d'intégration des arts à l'architecture et à l'environnement des bâtiments et des sites gouvernementaux et publics, quatre secteurs ou groupe d’emplacements stratégiques ont été déterminés afin que le plus grand nombre de gens puissent bénéficier de l’art, mais aussi pour faciliter le repérage spatial dans l’environnement hospitalier, l’humanisation du lieu et l’apaisement des usagers.
Au cœur des puits — les grandes percées entre les étages depuis le hall d’entrée principal jusqu’aux quatrième et cinquième niveaux —, les sculptures colorées de l’artiste Marc Dulude sont impressionnantes, spectaculaires, rassembleuses, multigénérationnelles et accessibles à tous. Avec ses formes organiques inspirées de la nature, Mouvance chromatique suscite l’émerveillement et invite à la contemplation et à une appropriation intuitive et sensible des lieux.
Ludiques et attachantes, les huit sculptures qui composent l’œuvre Prendre soin de Karine Payette représentent des animaux de la faune de l’Amérique du Nord interagissant avec des objets de la vie quotidienne. Agissant comme points de repère dans les différentes unités, elles animent le parcours de soin et accompagnent les jeunes patients et les parents dans leurs déplacements des lieux publics aux espaces cliniques.
Évoquant l’accompagnement et la bienveillance, Accueil et Berceau de l’ensemble Cohésion de José Luis Torres accueillent le personnel, les cyclistes et les usagers du transport en commun qui empruntent le tracé piéton et la piste cyclable au sud du pavillon. La troisième composante de l’œuvre, Harmonie, appelle au « vivre-ensemble », à l’échange et au dialogue dans la cour intérieure publique.
Enfin, Orientation Cumulus de Philippe Caron Lefebvre signale l’entrée de l’unité de pédopsychiatrie. Inspiré du jeu de blocs de la volumétrie architecturale et du test de Rorschach, l’assemblage ludique de quatre volumes identiques aux formes arrondies laisse place à la libre interprétation.





Pour des installations durables
Plusieurs principes de conception ont guidé le développement de ce projet hospitalier majeur afin d’assurer la qualité, l’efficience et la durabilité des aménagements : le regroupement et la superposition des fonctions, des secteurs et des services selon la nature et le niveau d’intensité des soins, pour une meilleure performance technique et énergétique; la maximisation de l’apport en lumière naturelle; une intégration respectueuse à l’environnement naturel et bâti; le développement de détails de construction adaptés aux conditions climatiques locales, garant de l’entretien simplifié et de la pérennité du bâtiment; ou encore l’utilisation de matériaux durables et locaux lorsque possible.
Dans le cadre du processus de certification LEED v4, pour laquelle le niveau argent est visé, plusieurs stratégies visent également à réduire l’empreinte environnementale de la nouvelle construction et à favoriser le bien-être des usagers. L’agrandissement a été implanté sur un site précédemment occupé par un stationnement, permettant de préserver les espaces verts existants. Il est directement relié au réseau cyclable de la ville, avec un vaste stationnement pour vélos sécurisé et protégé des intempéries, encourageant la mobilité durable. Les installations sont pourvues de bornes de recharge pour véhicules électriques et d’appareils de plomberie à faible consommation d’eau. Pendant la construction, des mesures ont été mises en place afin de détourner les déchets des sites d’enfouissement. Des toitures blanches et minérales contribuent à réduire les îlots de chaleur et les besoins de climatisation, tandis qu’un aménagement paysager composé de plantes indigènes sans entretien favorise la biodiversité. À l’intérieur, les occupants bénéficient de vues de qualité sur le paysage naturel environnant. Des filtres à haute efficacité et des matériaux à faible émission assurent une bonne qualité de l’air. Enfin, la conception biophilique — couleurs chaudes, bois et formes organiques évoquant la nature —, soutien la création un environnement intérieur sain et agréable pour tous.
En complément des critères LEED, et dans la lignée des nouveaux standards de performance énergétique des bâtiments, le pavillon est doté d’un système d’éclairage adaptatif intelligent et écoénergétique combinant des capteurs de mouvement et la régulation des appareils en fonction de l’apport en lumière naturelle.



Client
Gestionnaire du projet : Société québécoise des infrastructures
Propriétaire : Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l'Estrie – Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke
Équipe de professionnels principale
Architecture : Jodoin Lamarre Pratte + Yelle Maillé + Équipe A architectes en consortium
Patron du consortium : Gilles Maillé, architecte associé principal, Yelle Maillé architectes
Chargé de projet : Michel Broz, architecte associé principal, Jodoin Lamarre Pratte architectes
Chargée de projet adjointe et responsable de la logistique hospitalière : Martine Gévry, architecte associée principale, Jodoin Lamarre Pratte architectes
Conceptrice principale : Karine Boisvert, architecte associée principale, Yelle Maillé architectes
Co-concepteurs responsables de la volumétrie, de l’enveloppe et des espaces publics : Antonio Camara, architecte directeur, Jodoin Lamarre Pratte architectes, et Gilles Maillé, architecte associé, Yelle Maillé architectes
Co-conceptrices cliniques : Élise Lapierre et Nathalie Lapointe, architectes associées, Yelle Maillé architectes, et Carolyne Fournier, directrice technique, Jodoin Lamarre Pratte architectes
Responsable du design intérieur : Nathalie Lapointe, architecte associée, Yelle Maillé architectes
Responsable de l’exécution : Nicolas Ranger, architecte associé principal, Jodoin Lamarre Pratte architectes
Gestionnaire BIM et certification LEED : Priscillia Champagne, architecte directrice, bS-QP-1, PA LEED C+CB, PA WELL, Jodoin Lamarre Pratte architectes
Responsable de la surveillance et de l’administration des travaux : Martin Charland, architecte associé, Équipe A
Surveillant de chantier principal : Éric Marquis, architecte associé, Équipe A
Architecture de paysage : BC2
Ingénierie : SDK et associés, CIMA+, BPA
Laboratoires d'inspection des matériaux au chantier : Englobe
Gérant de construction : Groupe TEQ
Œuvres d’art
Marc Dulude
Mouvance chromatique
2026
Installation sculpturale, aluminium, peinture cuite
Puits A : 3,6 x 8,8 x 1,8 m, puits B : 12,6 x 5,7 x 2,6 m, puits C : 8,2 x 4 x 2,1 mm
Karine Payette
Prendre soin
2026
Sculptures, aluminium, peinture industrielle
Pingouins : 1,8 x 0,9 x 0,7 m, lynx : 2,2 x 0,6 x 0,6 m, renard : 1,5 x 0,8 x 0,7 m, ratons laveurs : 1,3 x 0,9 x 0,6 m, ourson polaire : 1 x 0,8 x 0,4 m, chouettes : 1,3 x 0,6 x 0,6 m, renards arctiques : 0,9 x 0,6 x 0,5 m, louve : 1,1 x 0,8 x 0,7 m
José Luis Torres
Cohésion
2025
Sculptures, aluminium, acier inoxydable, peinture polyuréthane
Accueil : 6 x 2,2 x 1,7 m, Berceau : 2,7 x 2,2 x 1,7 m, Harmonie : 4,4 x 2,2 x 1,7 m
Philippe Caron Lefebvre
Orientation Cumulus
2025
Sculpture, aluminium, peinture cuite
6,8 x 1,3 x 1,6 m




